Thomas d'Aquin naquit en 1225 au château de Rocca Secca près
de Naples, de la famille des Comtes d'Aquin. Par ses ancêtres paternels, il était neveu de Frédéric
Barberousse, cousin de Henri VI et de Frédéric II ; par ses ancêtres
maternels, il se rattachait aux chefs normands illustrés par les
Guiscard, les Tancrède, les Bohémond : on trouve en lui la patience et la
ténacité germaniques, l'ardeur chevaleresque des français, du Nord, la facilité de l'esprit
latin; et pour compléter les richesses de son tempérament, son éducation
fut, elle aussi, latine au Mont Cassin, allemande à Cologne, française à Paris.
Dès l'âge de 5 ans en effet, il est conduit au célèbre monastère
bénédictin du Mont Cassin où il fait de rapides progrès; de 10 à 18
ans, il suit les cours de l'Université de Naples où s'initie à la
dialectique, à la métaphysique, à la morale. Il y entend aussi l'appel de Dieu : en 1244, il y prend l'habit des frères
Prêcheurs, et, malgré l'opposition redoutable de ses parents qui le retiennent un an
prisonnier, il persévère dans son sacrifice: pendant l'été de 1245, il conquiert la liberté de rejoindre le
couvent dominicain de Paris où il fait bientôt profession. Ainsi, dès le début de sa formation, par son zèle pour l'étude et par sa
fidélité à sa vocation, il se prépare à son rôle doctrinal et
religieux.
En l'attirant dans la famille dominicaine, la Providence lui réservait une préparation plus précieuse encore : l'enseignement
de saint Albert le Grand. Le jeune frère Thomas resta en effet à cette école de 1245 à 1252, d'abord à Paris où Albert était venu
conquérir ses grades et commencer ses grands travaux sur Aristote, puis à Cologne où frère Thomas vient fonder avec son
maître le Studium generale (1248), restant à la fois son collaborateur et son disciple. Il est ainsi longuement initié au
péripatétisme christianisé, et sans autre évolution que sa formation
scolaire, il est en possession d'une synthèse philosophique complète.
Son corps fut transféré à Toulouse en 1369. L'Eglise reconnut la sainteté de vie du "Docteur angélique"
et la portée de son travail théologique.
Saint Thomas fut canonisé par le pape Jean XXII en 1323 et proclamé docteur de
l'Église par le pape Pie V en 1567.
Désormais, sa vie entière sera consacrée à sa double mission toute intellectuelle :
d'abord, proposer, comme étant la bonne manière de recevoir et d'assimiler les richesses
d'Aristote,
péripatétisme régénéré, repensé et pour ainsi dire baptisé par
son intelligence de chrétien et de saint; puis, se servir de cette base rationnelle pour construire une vaste synthèse théologique
qui serait son œuvre vraiment originale. Pour accomplir fidèlement cette mission, Thomas sacrifia généreusement tout
dignité extérieure, voulant rester toujours simple frère prêcheur, professeur de
théologie.
Le Concile Vatican II a insisté sur l'importance des oeuvres de
saint Thomas dans la formation des prêtres et l'éducation chrétienne:
"Pour mettre en lumière, autant qu'il est possible, les mystères
du salut, les séminaristes apprendront à les pénétrer plus à fond,
et à en percevoir la cohérence, par un travail spéculatif, avec saint
Thomas pour maître (Optatam Totius, 16). Dans les universités
catholiques "on saisira plus profondément comment la foi et la
raison s'unissent pour atteindre l'unique vérité. Ce faisant, on ne
fera que suivre la voie ouverte par les Docteurs de l'Eglise et spécialement
par saint Thomas" (Gravissimum Educationis, 10).
«...Thomas d'Aquin fut l'un des grands libérateurs de l'esprit
humain, en réconciliant raison et religion. Il lui ouvrit les voies de l'expérimentation
scientifique, il rendit aux impressions sensorielles leur dignité de fenêtres de
l'âme, et à l'intellect son droit divin à se nourrir de faits
vérifiés. Il permit à la Foi de s'assimiler la substantifique moelle de la plus dense et la plus
trapue des philosophies antiques.»
G. K. Chesterton
Sources:
F.-J. Thonnard, A. A., Histoire de la philosophie, Paris,
Éd. Desclée & Cie, 1950
M.S. Encarta 99
Catholic
Forum
Theology Library
Jacques
Maritain
Symboles: le calice, la
colombe, le boeuf et l'ostensoir.
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